Osechi vegan au Japon pour le Nouvel An 2027 : lire les mentions shojin et végétarien

Chaque Nouvel An au Japon, on mange l’osechi, ces plats rangés dans des boîtes à étages pour les premiers jours de l’année. Une question m’est venue : si quelqu’un de ma famille était vegan, pourrait-on encore partager l’osechi en famille ? C’est ainsi qu’a commencé ma recherche d’osechi vegan.

En cherchant, j’ai trouvé des boîtes marquées « shojin » et « végétarien » à côté de celles marquées « vegan ». Les noms ne disaient pas lesquelles se passaient vraiment de produits animaux.

Si une boîte d’osechi porte la mention shojin, elle ne contient rien d’origine animale. C’est du moins ce qu’on suppose. Pourtant, certains osechi contiennent des plats appelés « shojin » préparés avec de l’œuf ou du lactosérum.

Je regarde ici les osechi qu’on peut commander fin 2026 pour le Nouvel An 2027. Je commence par démêler ce que chaque mention exclut. Je présente ensuite cinq boîtes, choisies selon cinq critères. J’indique ce que j’ai pu vérifier, mais aussi ce que je n’ai pas pu vérifier.

Résumé express : choisir selon ce qui compte pour vous

Que voulez-vous savoir avant tout, avant de commander ? Voici les boîtes classées selon ce qui compte pour vous.

Ce qui compte pour vousOsechiPourquoi
Un bouillon végétal, lui aussi• Kenkoshoku Kobo Takano
• Midorie
Takano indique n’utiliser aucun produit animal, y compris dans le bouillon. Midorie détaille les ingrédients plat par plat, et le bouillon est un « bouillon de légumes »
Pas de miel• Kenkoshoku Kobo TakanoLe miel figure, avec la viande, le poisson, les œufs et les produits laitiers, parmi ce qu’il n’utilise pas. Aucun autre vendeur que j’ai consulté ne parlait du miel
Savoir comment sont gérés la cuisine et l’huile de friture• Midorie
• WiLLD
Midorie réserve une huile de friture à ses plats vegan. WiLLD annonce l’inverse d’emblée : sa cuisine manipule aussi des produits animaux
Des légumes de fermes identifiées• WiLLD
• Kenkoshoku Kobo Takano
WiLLD nomme ses fermes partenaires et leurs villes. Takano dit utiliser surtout des légumes locaux
Moins de jetable• WiLLDNi baguettes ni assiettes en carton jetables dans le colis. Autant de déchets en moins à l’arrivée
Un petit foyer• MidorieUne boîte à deux étages pour deux à trois personnes. À consommer de préférence avant le 1er janvier : choisir la bonne quantité, c’est éviter les restes
Vous mangez des œufs et des produits laitiers• Saishoku KenbiUn osechi végétarien, sans viande. La liste des ingrédients montre quels plats contiennent des œufs et des produits laitiers

Certaines boîtes figurent sur plusieurs lignes. Elles répondent simplement à plusieurs de ces priorités à la fois.

« Shojin » ou « végétarien » sur la boîte : sans produits animaux ?

Pas forcément. Ce que ces mentions excluent dépend de chaque vendeur, et les mots seuls ne le disent pas.

La shojin ryori est la cuisine végétarienne des temples bouddhistes japonais. Les osechi vendus comme « shojin » empruntent ce nom.

Des plats « shojin » avec de l’œuf ou des produits laitiers

La boîte à deux étages de Saishoku Kenbi, présentée plus bas, est vendue sur Rakuten comme « végétarienne ». J’ai lu sa liste d’ingrédients plat par plat. Aucun plat ne contient de viande. Sept contiennent pourtant de l’œuf, et certains des protéines de lactosérum ou du beurre.

Parmi eux, un espadon « shojin » roulé dans du kombu, des boulettes « shojin » et des tsukune « shojin ». Dans le nom d’un plat, « shojin » peut signifier sans viande ni poisson. Cela ne veut pas dire sans œuf ni produits laitiers.

Beaucoup de plats mentionnent aussi un wafu dashi (bouillon à la japonaise) ou un assaisonnement à la japonaise. La liste des ingrédients ne dit pas ce qu’ils contiennent.

Aucune règle d’étiquetage ne définit « vegan » au Japon

L’Agence japonaise de la consommation publie des questions-réponses sur l’étiquetage des aliments d’origine végétale. Le mot « vegan » n’apparaît pas sur cette page.

Ces questions-réponses portent sur la façon d’énumérer les ingrédients et d’éviter les allégations trompeuses. Pour dire qu’un produit est végétal hormis ses additifs, elles proposent par exemple : « Les ingrédients sont d’origine végétale (hors additifs alimentaires) » (traduit par mes soins).

Si la même usine fabrique des produits contenant du bœuf, il est « souhaitable » de l’indiquer. Ce n’est pas obligatoire.

Un label vegan ne garantit pas une usine séparée

L’association à but non lucratif Vege Project Japan délivre une certification vegan. Elle présente son logo comme le logo vegan le plus utilisé sur les produits au Japon. Son cahier des charges va jusqu’à vérifier que le sucre n’a pas été blanchi au noir animal. Il remonte aux ingrédients des ingrédients.

Il admet pourtant la fabrication dans une usine qui manipule aussi des produits animaux, à deux conditions. Le produit doit le signaler si une contamination croisée est possible, et le fabricant doit prendre des mesures pour l’éviter. Je n’y ai rien trouvé sur les allergies.

Une étude canadienne de 2023 a analysé des aliments étiquetés « vegan » ou « d’origine végétale ». Des protéines de lait ont été retrouvées dans 5 des 87 échantillons testés. Aucun des 64 échantillons testés pour l’œuf n’en contenait.

L’étude ne portait ni sur l’osechi ni sur des produits vendus au Japon. Elle montre quand même qu’une mention vegan et la sécurité face aux allergies sont deux choses différentes.

Trois points à vérifier sur la page de commande

Mieux vaut d’abord décider ce qu’on veut éviter. Ensuite, on cherche ces trois points sur la page du vendeur. S’ils n’y figurent pas, demandez au vendeur avant la date limite de commande.

À vérifierPourquoiCe que j’ai trouvé
La base du bouillonSi la page indique seulement wafu dashi, impossible de savoir s’il est à base de poissonCertains vendeurs écrivaient « bouillon de légumes » pour chaque plat. D’autres seulement wafu dashi
La présence d’œufs, de produits laitiers ou de mielLes boîtes « végétariennes » peuvent contenir des œufs et des produits laitiers. Peu de pages parlent du mielUn seul vendeur précisait ne pas utiliser de miel
Une cuisine et une huile de friture séparéesEn cas d’allergie, c’est le point le plus importantUn vendeur disait les séparer. Un autre annonçait d’emblée que non

La quantité compte aussi. La plupart des boîtes réfrigérées que j’ai regardées étaient à consommer avant le 1er ou le 2 janvier. Commander plus que ce que le foyer peut manger, c’est jeter le reste.

Tous ces vendeurs livrent au Japon. Aucune des pages consultées ne mentionne de commande en anglais ni d’expédition à l’étranger.

Critères de sélection : ce que j’ai regardé

J’ai examiné les osechi selon les cinq critères ci-dessous. Mon repère : pouvoir vérifier chaque point sur le site du vendeur lui-même. Si une boîte n’apparaît pas ici, cela ne veut pas dire que le vendeur ne fait rien de tout cela.

  • Gaspillage alimentaire : est-ce fait sur commande ? Peut-on choisir une quantité adaptée au foyer ? La date limite est-elle indiquée ?
  • Déchets : la page précise-t-elle si les boîtes et les accessoires sont jetables ?
  • Qui le prépare : la page dit-elle qui le prépare et où ? L’information vient-elle du fabricant, et pas seulement d’un revendeur ?
  • Origine des aliments : la page dit-elle où sont cultivés les principaux ingrédients ?
  • Honnêteté de l’information : la page explique-t-elle comment sont traités le bouillon, les œufs, les produits laitiers, le miel, l’huile de friture et les cuisines partagées ? Les ingrédients sont-ils donnés plat par plat ?

Ces informations reposent sur ce que j’ai vérifié sur les sites des vendeurs et leurs pages produits. Vérification faite entre le 11 et le 13 octobre 2026.

Presque aucune page ne précisait la matière des boîtes ni si elles sont réutilisables. Les prix et les dates limites peuvent changer : vérifiez la page du vendeur avant de commander.

Des osechi annoncés sans ingrédients d’origine animale

1. Kenkoshoku Kobo Takano, osechi shojin 100 % végétal

🌱 Sans viande, poisson, œufs, laitages ni miel 🍱 Environ 4 parts, plus de 20 plats 🚚 Réfrigéré, livré le 31 décembre 📍 Kanazawa, Ishikawa

Cet osechi vient d’un petit atelier de Kanazawa, où le propriétaire, Yasuyuki Takano, cuisine seul. La page indique : « Nous n’utilisons absolument aucun ingrédient animal, y compris le poisson, la viande, les œufs, le beurre, les produits laitiers et le miel » (traduit par mes soins).

Les légumes sont surtout locaux, et les autres ingrédients viennent des fournisseurs de produits naturels Ohsawa Japan et Muso. Les allergènes sont le soja, le sésame et le blé. La commande passe par un formulaire du site, et la boîte est à consommer avant le 2 janvier.

L’avis de la rédaction : cette boîte se dit shojin et précise malgré tout qu’elle ne contient pas de miel. Qu’on cherche du shojin ou du vegan, la page répond à l’essentiel de ce qu’on veut savoir.

Les limites : une phrase de la page exclut tout ingrédient animal, bouillon compris. Une autre, sur le bouillon, ajoute « en principe ».

La page ne dit pas si la cuisine manipule aussi des produits animaux, ni en quoi est faite la boîte. Une seule taille, environ quatre parts. Pas d’annulation à partir de décembre. La page indique une livraison au Japon, vers les régions où le colis peut arriver le 31 décembre.

Kenkoshoku Kobo Takano, osechi shojin 100 % végétal

2. Midorie, osechi frais vegan bio et sans additifs à deux étages

🌱 Sans produits animaux, huile de friture séparée 🍱 2 à 3 parts, deux étages 🚚 Réfrigéré, livré le 31 décembre 📝 Ingrédients donnés plat par plat

Cet osechi réfrigéré vient de Midorie, un restaurant bio. La page indique : « Il est entièrement exempt d’aliments d’origine animale, et nous réservons une huile de friture à l’usage vegan » (traduit par mes soins). Parmi les boîtes que j’ai regardées, c’est la seule à parler de l’huile de friture.

Le datemaki (une omelette roulée sucrée dans l’osechi classique) est fait de courge bio et de tofu. Le matsukaze-yaki utilise une viande végétale à base de protéines de blé. Chaque plat est accompagné de ses ingrédients et de ses allergènes, et le bouillon est un « bouillon de légumes ».

À consommer de préférence avant le 1er janvier 2027. Sur Rakuten, les commandes ferment le jeudi 26 novembre.

L’avis de la rédaction : on peut vérifier plat par plat ce qui entre dans la boîte et ce qui n’y entre pas. Deux à trois parts, c’est une bonne taille pour une petite table de Nouvel An.

Les limites : le nanbanzuke de tempeh (un plat frit et mariné) n’indique que « bouillon », sans préciser lequel. La page parle aussi de poisson sauvage et d’œufs de poules élevées en plein air. Il s’agit de la présentation du restaurant dans son ensemble.

L’oignon et l’ail y sont utilisés. Pour une cuisine shojin sans gokun, les cinq légumes au goût fort comme l’oignon et l’ail, ce n’est pas la bonne boîte. Le site du restaurant indique le 17 décembre comme date limite : elle varie selon le vendeur.

Le même osechi est aussi vendu sur la page osechi de Kodawariya.

Midorie, osechi frais vegan bio et sans additifs à deux étages

3. WiLLD, boîte vegan à un étage

🌱 Boîte vegan 🥕 Légumes sans pesticides de fermes partenaires 🥢 Ni baguettes ni assiettes jetables 📍 Expédié depuis Kanagawa

Cet osechi vient de WiLLD (Tula Inc.) et part de Kanagawa. Pour le Nouvel An 2027, il propose trois boîtes. Il y a une boîte vegan à un étage et une boîte spéciale à un étage. La troisième, à deux étages, associe un étage spécial et un étage vegan.

Pour n’avoir que l’étage appelé vegan, il faut prendre la boîte à un étage.

Les légumes, cultivés sans pesticides, viennent de fermes partenaires : Noen Koeru à Chigasaki, uramichi à Oiso, Harmony Batake à Ashigara et Nijiiro Batake à Nakai. Comme auparavant, ni baguettes ni assiettes en carton jetables. La boîte vegan contient du blé, du soja et des fruits à coque.

L’avis de la rédaction : WiLLD annonce d’emblée ce qui l’arrange le moins. Sa cuisine manipule aussi des produits animaux, et la page invite les personnes souffrant d’allergies sévères à la prudence.

Les limites : la page indique que les prix ont été révisés pour 2027, sans les donner. Elle ne précise ni la date de livraison, ni si la boîte est réfrigérée ou surgelée, ni pour combien de personnes. Les régions à deux jours de livraison ou plus ne peuvent commander que les boîtes vegan.

WiLLD, boîte vegan à un étage

Des osechi étiquetés « shojin » ou « végétarien »

4. Saishoku Kenbi, osechi Musubi à deux étages

🥚 Œufs et laitages dans certains plats 🍱 5 parts, deux étages 🚚 Réfrigéré, livré le 31 décembre 📍 Préparé à Nakatsugawa, Gifu

Un osechi végétarien, sans viande, vendu sur Rakuten par Saishoku Kenbi (菜食健美). Il est préparé par Daisho Kikaku à Nakatsugawa, dans la préfecture de Gifu, et les plats faits main arrivent réfrigérés. Certains portent un nom de lieu, comme les châtaignes de Nakatsugawa au sirop ou les haricots noirs de Tanba.

Les ingrédients sont donnés pour chaque plat. Sept plats, dont le datemaki et les shumai, contiennent de l’œuf. Les deux plats au « poulet végétal » et l’espadon « shojin » contiennent des protéines de lactosérum ou du beurre.

La boîte se conserve sept jours après sa fabrication. Les livraisons vers Hokkaido, le Tohoku et Kyushu arrivent le 1er janvier.

L’avis de la rédaction : cette boîte n’est pas vegan. Elle convient à une table de Nouvel An pour qui mange des œufs et des produits laitiers, mais pas de viande. Les ingrédients de chaque plat sont donnés : à chacun de juger.

Les limites : beaucoup de plats mentionnent un bouillon ou un assaisonnement à la japonaise. L’étiquette ne dit pas s’ils contiennent du bouillon ou de l’extrait de poisson. Si vous ne mangez pas de poisson, demandez au vendeur avant de commander. Il existe aussi une boîte à un étage pour deux, « Yorokobi », dont je n’ai pas pu vérifier les ingrédients.

5. Izusen, osechi shojin à deux étages

🍱 Un ou deux étages, 2 ou 4 parts 🚫 Sans viande ni poisson 🚚 Livré le 31 décembre 📅 À consommer avant le 1er janvier

Cet osechi shojin est vendu sur la boutique en ligne d’Izusen. La page indique : « Nous avons préparé un osechi copieux, même sans viande ni poisson » (traduit par mes soins).

Le menu à deux étages compte 32 plats. On y trouve le tofu Rikyu, des rouleaux de yuba tricolores, du yuba glacé et de la racine de lotus farcie à la moutarde.

Les allergènes sont le blé, le sésame, le soja et l’igname. Sur la boutique officielle, les commandes ferment le 23 décembre à 17 h. On peut aussi retirer la boîte à la boutique principale.

L’avis de la rédaction : la page du fabricant indique l’absence de viande et de poisson, et donne le menu et les allergènes. L’ancienne version de cet article le présentait déjà.

Les limites : la page ne dit pas sur quelle base est fait le bouillon, ni si des plats contiennent des œufs ou des produits laitiers. Ni l’œuf ni le lait ne figurent parmi les allergènes. Le plus sûr reste de poser la question, avec celle du bouillon, avant de commander. La page ne précise pas non plus si la boîte est réfrigérée ou surgelée.

La boutique d’Izusen livre gratuitement à Kyoto, Uji, Muko et Nagaokakyo. Ailleurs, elle renvoie vers une autre boutique, la boutique de vente à distance d’Izusen. La boîte à deux étages du même nom n’y donne ni le menu ni les allergènes : impossible de savoir si c’est la même.

Le grand magasin Odakyu vend aussi un « Daitokuji Izusen Shojin Osechi ». Les pages de commande ne permettent pas de savoir s’il est identique à celui de la boutique d’Izusen. Si vous l’achetez chez Odakyu, vérifiez avant de commander.

Izusen, osechi shojin à deux étages

Pour finir

Sur une boîte d’osechi, « vegan », « shojin » et « végétarien » ne disent pas, à eux seuls, ce qui a été exclu. J’aimerais que vous reteniez trois points à vérifier sur la page de commande. Le bouillon, la présence d’œufs, de laitages et de miel, et la cuisine.

Si une boîte vous intéresse, ouvrez dès aujourd’hui sa liste d’ingrédients. Si elle n’y figure pas, il reste du temps pour poser la question avant la date limite.

Pour l’alimentation vegan au quotidien au Japon, voyez Que mangent les vegans ?

Et vous, que voudriez-vous laisser de côté à votre table du Nouvel An ?

Mariko
Mariko

Mariko Kobayashi est une autrice éco-responsable basée au Japon et fondatrice d'Eco Philosophie Japon. Engagée dans un mode de vie durable depuis 2018, elle est titulaire d'un Master en philosophie analytique et philosophie du langage de l'Université Paris IV Sorbonne — une formation qu'elle mobilise aussi bien pour l'évaluation des produits que pour les questions philosophiques qui sous-tendent la durabilité. Ses articles sont publiés en japonais, en anglais, et en français.