Le véritable sens du mot « régime » : un art de vivre, pas une liste d’interdits

Le mot « régime » évoque aujourd’hui la restriction, la perte de poids et le sacrifice temporaire. Pour beaucoup d’entre nous, en France comme au Japon ou dans le monde occidental, « faire un régime » signifie compter les calories, éliminer certains aliments et supporter un inconfort passager dans l’espoir d’atteindre un chiffre sur la balance. Pourtant, cette interprétation étroite trahit profondément ce que le mot « régime » signifiait à l’origine — et ce qu’il pourrait encore représenter pour nous.

Pourquoi nous comprenons mal le mot « régime »

Le sens originel : une manière de vivre

Le mot français « régime », comme l’anglais « diet », trouve son origine dans le terme grec ancien « diaita », qui désignait une « manière de vivre » ou un « mode d’existence ». Ce concept dépassait largement la seule alimentation. Dans la Grèce antique, la diaita englobait la gestion globale du quotidien : le sommeil, l’exercice physique, les habitudes alimentaires, considérés ensemble comme une approche intégrée de la santé et du bien-être. Quand les médecins prescrivaient une diaita à leurs patients, ils n’établissaient pas simplement un menu. Ils proposaient un guide holistique pour vivre mieux.

Ce sens large a traversé le latin (« diaeta ») puis l’ancien français (« diete ») avant d’entrer dans notre langue, où il a d’abord conservé cette dimension expansive. Historiquement, le « régime » désignait l’alimentation habituelle d’une personne, les plans alimentaires thérapeutiques conçus pour des pathologies spécifiques, ou plus généralement la régulation des habitudes quotidiennes. Aujourd’hui encore, le mot allemand « Diät » s’emploie dans un contexte médical pour décrire des aliments thérapeutiques spéciaux.

Comment la société moderne a réduit le régime à la perte de poids

Au Japon contemporain, le mot « régime » (ダイエット) est devenu presque exclusivement associé à la réduction de poids et à la restriction alimentaire. Ce glissement linguistique reflète — et renforce — une tendance culturelle préoccupante, particulièrement chez les jeunes femmes.

Des recherches menées par l’université Nagoya Bunri auprès de jeunes Japonaises ont révélé que plus de la moitié des participantes souhaitaient être plus minces, même lorsque leur indice de masse corporelle se situait dans les normes médicales. Ces femmes surestimaient systématiquement leur corpulence, se percevant comme « trop lourdes » malgré des mesures objectives indiquant le contraire. Plus inquiétant encore : l’étude a montré que les jeunes femmes manifestant un fort désir de minceur présentaient des niveaux de stress psychologique nettement plus élevés — dépression, anxiété, colère — que celles ayant une perception corporelle plus juste.

D’autres travaux soutenus par le ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales ont documenté comment l’exposition sur les réseaux sociaux à des images de corps idéalisés et minces intensifie l’insatisfaction corporelle et le désir de perte de poids chez les jeunes Japonaises, influençant potentiellement leurs comportements alimentaires de manière préjudiciable. Une enquête de 2024 sur la perception corporelle des femmes contemporaines a constaté que de nombreuses femmes classées médicalement comme ayant un poids « normal » se décrivent néanmoins comme étant en surpoids et déclarent avoir tenté des régimes.

Ce mécanisme crée un cercle difficile où « régime » devient synonyme de privation et de fardeau psychologique — un projet temporaire destiné à corriger un défaut perçu, plutôt qu’une relation continue avec la nourriture et la santé.

De la restriction à la relation avec la nourriture

Le régime comme relation quotidienne, non comme plan temporaire

La nourriture n’est pas qu’un carburant. Une recherche de l’université Juntendo portant sur les habitudes alimentaires de travailleurs a mis en évidence un lien significatif entre la satisfaction tirée des repas et le bien-être subjectif ainsi que la satisfaction générale vis-à-vis de la vie. Les personnes qui se sentaient satisfaites de leurs repas rapportaient des niveaux de bonheur et de contentement global plus élevés. Cela nous indique que nos expériences alimentaires quotidiennes contribuent fondamentalement à la qualité de vie, et pas seulement au statut nutritionnel.

De même, une étude présentée à la Société japonaise de psychologie de la santé a révélé que les habitudes alimentaires des étudiants universitaires — équilibre nutritionnel, régularité des repas, mode de vie alimentaire dans son ensemble — étaient corrélées aux résultats en matière de santé mentale. Les étudiants qui maintenaient des habitudes alimentaires régulières et équilibrées, avec peu de perturbations, affichaient des niveaux inférieurs de stress et de symptômes dépressifs.

Ces résultats suggèrent un recadrage important : plutôt que de traiter le régime comme une intervention temporaire qu’on commence et qu’on arrête, nous pourrions le comprendre comme une relation évolutive avec la nourriture que nous cultivons tout au long de la vie. La question se déplace : au lieu de « Quel régime devrais-je essayer ? », elle devient « Comment est-ce que je veux me relier à la nourriture, jour après jour ? »

Les dimensions émotionnelles, sociales et culturelles de l’alimentation

Manger implique bien davantage que l’apport calorique et les ratios de macronutriments. Au Japon, la nourriture est depuis longtemps entrelacée avec la conscience des saisons, le lien familial et l’identité culturelle.

Le ministère japonais de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche souligne que les aliments de saison (« shun ») sont à leur apogée non seulement en saveur et en nutrition, mais aussi dans leur capacité à nous relier aux cycles naturels et aux saisons changeantes. Les repas d’occasion spéciale, notamment ceux associés aux célébrations du Nouvel An et à d’autres événements annuels, portent l’essence des saisons tout en créant des souvenirs partagés entre les membres de la famille.

Le concept de « shindofuji » — littéralement « corps et terre, pas deux » — exprime une idée belle : le corps humain et son environnement sont indissociables. Cette philosophie suggère que manger des aliments cultivés localement pendant leur saison naturelle crée une connexion harmonieuse entre la santé individuelle et le paysage environnant.

Lorsque nous considérons le régime uniquement sous l’angle de la restriction — éliminer complètement certains aliments pour perdre du poids — nous risquons de rompre ces fils émotionnels, sociaux et culturels. Une compréhension plus holistique du régime reconnaît que ce que nous mangeons, comment nous mangeons, et avec qui nous partageons nos repas contribuent tous au bien-être d’une manière que le comptage des calories ne peut saisir.

Une perspective japonaise sur l’équilibre et la modération

Une philosophie alimentaire fondée sur l’équilibre plutôt que les extrêmes

Les habitudes alimentaires japonaises traditionnelles offrent une alternative rafraîchissante à la pensée binaire qui caractérise de nombreux régimes amaigrissants modernes. La structure du repas « ichiju-sansai » (une soupe, trois plats) illustre parfaitement cette approche équilibrée. Issue de la cuisine des temples bouddhistes durant la période Kamakura, cette formule combine du riz avec une soupe et trois accompagnements, incorporant généralement divers ingrédients en portions modestes.

Plutôt que de s’appuyer massivement sur un aliment unique ou d’éliminer des groupes alimentaires entiers, l’ichiju-sansai encourage la variété et la modération. Chaque repas comprend de multiples ingrédients — poisson ou produits à base de soja, légumes, algues — permettant un apport nutritionnel complet sans excès.

Selon une analyse du ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche, le modèle alimentaire japonais — caractérisé par le riz comme céréale de base, l’abondance de poisson, de produits à base de soja, de légumes et d’algues, avec une teneur relativement faible en matières grasses — a été associé à l’espérance de vie constamment élevée du Japon. Des recherches sur des modèles animaux suggèrent que les habitudes alimentaires de type japonais peuvent favoriser un métabolisme actif et des réponses au stress réduites. La clé ne réside pas dans des règles rigides, mais dans l’effet cumulé d’aliments diversifiés, en portions appropriées, consommés régulièrement au fil du temps.

Concepts de modération, de routine et de respect des ingrédients

Au-delà des combinaisons alimentaires spécifiques, la culture culinaire japonaise incarne des principes qui soutiennent une alimentation durable et favorable à la santé, sans restriction extrême.

« Shindofuji », « chisanchisho » (production locale pour consommation locale) et « shunsanshunsho » (production saisonnière pour consommation saisonnière) reflètent tous une philosophie d’alignement avec les rythmes naturels et régionaux. Manger des aliments de saison et locaux maximise non seulement la valeur nutritive et la saveur, mais réduit aussi l’impact environnemental. Selon le ministère japonais de l’Environnement, les ingrédients de saison nécessitent une production moins énergivore et génèrent moins d’émissions de gaz à effet de serre. Ils sont également plus abordables lorsque l’offre est abondante.

Le concept d’« ichimotsu zentai » (une chose, entière) encourage l’utilisation complète des ingrédients — incluant les peaux, les tiges et les feuilles — plutôt que de jeter des portions comestibles. Cette approche minimise le gaspillage alimentaire tout en capturant le plein potentiel nutritionnel de chaque ingrédient, résonnant avec la notion japonaise de « mottainai » (regret face au gaspillage).

Ces pratiques ne visent pas la perfection — elles concernent des choix cohérents et réfléchis. Comme le notent les analyses nutritionnelles des habitudes alimentaires japonaises, des gestes tels que mâcher soigneusement et prendre le temps de savourer les repas soutiennent la régulation naturelle de l’appétit et préviennent la surconsommation — non par une restriction forcée, mais par un engagement attentif dans l’expérience alimentaire.

Le régime au-delà de l’assiette : mode de vie et durabilité

Comment les habitudes alimentaires quotidiennes se connectent à l’impact environnemental

Nos choix alimentaires créent des répercussions qui dépassent la santé personnelle pour affecter également les systèmes environnementaux. Les documents du ministère japonais de l’Environnement sur l’alimentation durable expliquent que « shunsanshunsho » réduit les émissions de gaz à effet de serre car les cultures de saison peuvent être produites plus efficacement, avec moins de chauffage ou de refroidissement artificiels. Les aliments de saison offrent également une nutrition et un goût supérieurs tout en restant économiquement accessibles grâce à une offre stable.

De même, « chisanchisho » diminue la consommation d’énergie et les émissions de dioxyde de carbone associées au transport des aliments sur de longues distances. Choisir des produits locaux soutient simultanément les économies régionales et allège les charges environnementales.

La pratique « ichimotsu zentai » d’utiliser les ingrédients entiers répond directement au gaspillage alimentaire — un problème environnemental significatif. Lorsque les cuisiniers utilisent les épluchures de légumes, les tiges et d’autres parties qui seraient autrement jetées, ils réduisent le volume de déchets nécessitant une élimination ainsi que les coûts environnementaux associés.

Quand nous redéfinissons le « régime » pour inclure ces dimensions environnementales, manger devient une expression de la façon dont nous voulons habiter le monde, pas seulement de l’apparence que nous souhaitons avoir.

Consommation consciente, saisonnalité et pratiques alimentaires zéro déchet

L’« alimentation consciente » se concentre souvent sur la conscience intérieure — remarquer les signaux de faim, savourer les saveurs — mais elle peut s’étendre vers l’extérieur pour englober les origines et les impacts de notre nourriture.

Le ministère japonais de l’Agriculture encourage la sensibilisation aux cycles saisonniers, notant que les légumes, fruits et poissons ont chacun des saisons de pointe où ils sont les plus délicieux et nutritifs. S’accorder à ces rythmes nous permet d’apprécier l’abondance et la variété naturelles tout au long de l’année, transformant les repas en marqueurs du changement saisonnier.

Les stratégies pratiques pour incarner « shindofuji » au quotidien incluent cuisiner les légumes avec leur peau, centrer les repas autour d’ingrédients locaux et de saison, et intégrer des plats régionaux traditionnels. Ces pratiques réduisent le gaspillage, maximisent l’apport nutritionnel et renforcent les connexions au lieu.

L’accent mis sur la mastication lente et l’octroi d’un temps suffisant aux repas — souligné dans les recherches nutritionnelles sur les habitudes alimentaires japonaises — remplit plusieurs fonctions. Cela améliore la satisfaction, favorise une digestion saine et modère naturellement la taille des portions sans nécessiter de limites caloriques strictes. Cela représente un passage du contrôle quantitatif à la présence qualitative.

Redéfinir le régime pour une vie durable

Passer des « règles » à la conscience et à l’intention

Les régimes basés sur des règles échouent souvent non pas par manque de volonté, mais parce que les interdictions rigides créent du stress psychologique et ignorent les contextes individuels. Les recherches sur les désirs de minceur chez les jeunes Japonaises démontrent qu’une image corporelle déformée et un jugement sévère envers soi-même sont corrélés à un stress élevé et à des habitudes alimentaires désordonnées. Une approche punitive — cataloguer les aliments interdits et exiger la perfection — tend à renforcer plutôt qu’à résoudre ces difficultés.

Un cadre alternatif centre la conscience et l’intention. Au lieu de demander « Que n’ai-je pas le droit de manger ? », nous pourrions demander « Qu’est-ce que je valorise dans ma relation avec la nourriture ? » Les réponses pourraient inclure : apprécier les saveurs de saison, partager des repas avec mes proches, soutenir les agriculteurs locaux, minimiser le gaspillage, ou simplement me sentir énergisé et satisfait.

La recherche reliant la satisfaction des repas au bien-être et à la satisfaction de vie suggère que la manière dont nous nous sentons vis-à-vis de notre alimentation importe profondément. Un régime construit sur la conscience honore les signaux de faim et de satiété, reconnaît les besoins émotionnels et sociaux, et s’adapte aux circonstances changeantes plutôt que d’exiger une adhésion inflexible à des règles externes.

Du point de vue environnemental, une alimentation basée sur la conscience encourage naturellement des choix bénéfiques pour la santé personnelle et planétaire — sélectionner des produits de saison, valoriser les ingrédients entiers, réduire le gaspillage — car ces pratiques s’alignent avec des valeurs plus profondes plutôt qu’avec une simple conformité.

Le régime comme approche flexible et durable du bien-être

L’analyse nutritionnelle des habitudes alimentaires japonaises note que l’espérance de vie de premier rang mondial du Japon est associée à des habitudes alimentaires à long terme — des schémas maintenus sur des décennies, pas des semaines. La mortalité relativement faible due aux maladies cardiaques, aux accidents vasculaires cérébraux et à certains cancers au Japon a été liée à la composition équilibrée des régimes traditionnels japonais, riches en fibres et en minéraux tout en étant modérés en graisses saturées.

Cela suggère que les résultats en matière de santé dépendent moins d’efforts héroïques à court terme que de schémas durables que nous pouvons maintenir tout au long de la vie. Plutôt que d’enchaîner les régimes restrictifs, une approche sur toute une vie implique de découvrir un style personnel flexible — peut-être inspiré par l’équilibre et la modération japonais, adapté à vos préférences et circonstances individuelles.

La flexibilité compte car le perfectionnisme se retourne souvent contre nous. Les recherches sur les désirs de minceur et l’insatisfaction corporelle indiquent qu’une préoccupation excessive pour atteindre un idéal peut augmenter le stress et compromettre le bien-être. Un régime sain accueille la variation, pardonne l’indulgence occasionnelle et s’ajuste aux exigences changeantes de la vie — périodes chargées, célébrations, voyages, vieillissement.

À lire: Alimentation durable : un nouveau regard sur nos assiettes, accessible à tous

Le véritable sens du régime dans la vie moderne

Vivre bien plutôt que manger parfaitement

L’étude de l’université Juntendo sur la satisfaction des repas a révélé que la satisfaction tirée des repas — non l’adhésion à une formule nutritionnelle idéale — prédisait le bonheur et la satisfaction de vie. Cela remet en question l’hypothèse que manger « parfaitement » est l’objectif. Au lieu de cela, manger suffisamment bien, apprécier la nourriture et se sentir content de ses repas peuvent importer davantage pour le bien-être global que des calculs macronutritionnels impeccables.

Les recommandations nutritionnelles japonaises mettant l’accent sur la mastication soigneuse et une alimentation sans précipitation illustrent magnifiquement ce principe. Ces pratiques n’exigent pas la perfection ; elles nous invitent simplement à ralentir et à porter attention. Ce faisant, elles peuvent naturellement modérer l’apport et améliorer la satisfaction sans restriction sévère.

La vie moderne complique souvent les habitudes alimentaires idéales — horaires irréguliers, accès limité à certains aliments, demandes contradictoires sur le temps et l’énergie. En reconnaissant ces réalités, un régime durable permet des ajustements pragmatiques : trouver des moments pour savourer des aliments de saison quand c’est possible, choisir des options nourrissantes quand c’est pratique, et lâcher la culpabilité quand les circonstances exigent des compromis.

Appliquer une définition holistique du régime dans les choix quotidiens

En revenant au sens ancien de « diaita » — manière de vivre — nous pouvons reconquérir le régime comme quelque chose de bien plus large que la gestion du poids. Intégré aux concepts japonais d’équilibre, de respect des ingrédients et d’intendance environnementale, le régime devient une approche globale de la vie : comment nous nourrissons nos corps, comment nous nous relions aux saisons et aux communautés, comment nous nous engageons avec le monde vivant.

Concrètement, cette définition holistique se manifeste à travers de petits choix quotidiens :

Pour votre corps : adopter librement une structure inspirée de l’ichiju-sansai quelques fois par semaine ; mâcher lentement durant au moins un repas par jour ; choisir des ingrédients entiers et peu transformés quand c’est faisable.

Pour le bien-être émotionnel et social : remarquer et savourer la bouchée la plus délicieuse de chaque journée ; identifier et honorer vos valeurs alimentaires personnelles (comme apprécier les repas avec les autres ou célébrer l’abondance saisonnière) plutôt que de suivre simplement des listes d’interdictions.

Pour la responsabilité environnementale : privilégier les aliments de saison et de production locale ; utiliser pleinement les ingrédients, y compris les épluchures et les tiges ; transformer les restes en nouveaux plats plutôt que de les jeter.

Aucune de ces pratiques n’exige la perfection. Ensemble, elles forment un cadre flexible pour se relier à la nourriture d’une manière qui soutient la santé, le bonheur et la durabilité — non pas pendant quelques semaines restrictives, mais tout au long d’une vie.

Le régime, correctement compris, n’est pas un manuel de règles pour contrôler le poids. C’est l’art continu de bien vivre — avec conscience, intention et grâce — dans un corps, dans une communauté, sur une planète qui mérite notre attention.

Si vous souhaitez explorer davantage comment intégrer ces principes dans votre quotidien, vous pourriez commencer par une pratique simple : choisir un repas cette semaine où vous prendrez le temps de mâcher lentement et d’observer les saveurs. Ce petit geste peut ouvrir une nouvelle manière de vous relier à ce que vous mangez.


Sources:

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